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Echange dépendance solitaire contre amour autonome.
(Extrait de
Parcours d'autonomie (lien article))




Dès 1954, Hannah Arendt estime l'autorité condamnée dans les démocraties modernes, où les citoyens sont égaux.

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Et si vous êtes curieux, mon autre blog est ici :

                             Des sens (lien site)


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Tout s'emballe. Tout va trop vite. Tout, tout de suite, là, maintenant. Pas le temps. Prendre le temps. Le temps de penser. Le temps de se faire une idée. Une idée pour se retrouver. Pour vous retrouver. Pour nous retrouver ?


Bienvenue à tous sur le blog de Claire Ogie, installez-vous confortablement, la musique est sur votre gauche, si vous le désirez !




Et si l'envie vous en prenait, voici mon deuxième blog : Des sens (lien)



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Mardi 10 avril 2007
Le bélier:

Il écoute le sang battre à ses tempes sonores, il se sait mâle, il se croit divin. Il devine, le bélier à la corne belliqueuse et splendide, coiffé de ses macarons d'airain, qu'il n'est pas un animal comme les autres. Il renie les placides créatures de Panurge et leurs rabelaisiennes moutonneries. Il ne bêle pas, lui, il blatère. Devenu mouton, il reste le chef, le conducteur auréolé de ses prouesses en mythologie et de ses mues merveilleuses.
Comme il est ruminant, on le croit pensif. On le veut tondre comme un de ses congénaires à la nuque molle. Qu'on essaye pour voir ! Il ne se sent ni laineux ni doux. Il a partie liée avec la Toison d'or, les mythes et les coups (de bélier) du destin. (...)
Son ardeur combative qui le hausse au-dessus du troupeau intimide les bergers et les chiens. Quel appétit ! Ah, la curiosité de sentir, la volupté de connaître, le bonheur de rompre ! Doux comme un agneau, drôle d'expression !
Non, il est d'une autre étoffe. Par ses foucades et ses sautes d'humeur, il traduit les soubresauts des astres, les aléas du printemps. Il est fantasque, remuant, têtu, zélé et, s'il le faut brutal. Qu'il cosse avec un rival ou béline en galante compagnie, il procède par boutades et s'efforce d'un front orageux d'abattre les barrières et de briser les entraves. Il n'a pas les deux pieds dans le même sabot. Il est astreint au sommet. C'est un soldat, un solitaire, un croisé, un esprit clair et rude. (...)

Le scorpion:

(...) Il aime la solitude: active, délibérée, heureuse, mûrissante. Il aime l'eau quand elle est profonde, stagnante, gravide de songes.
il pose au sorcier, au jeteur de sorts, au diseur de vérités. Il consent au pouvoir à condition qu'il soit occulte ou magnétique. Négateur, entier, cassant, tortueux, diviseur... oui, oui, allez-y, ne vous gênez pas, pourvu qu'on parle de lui. Il impose sa loi mais il ne veut pas que ce soit dit. Qu'on comprenne bien qu'il est détaché de toutes choses. D'ailleurs, il est pudique: quand il s'érige (car il est mâle), s'enfle (car il est un peu femme), se contemple, apprécie la pointe de son dard comme s'il touchait du doigt la bombe atomique, il s'abrite dans les cabinets. Il macère dans sa cuirasse sans défauts. Il fermente. Il cuve son encre. Avec l'âge, il se madérise. (...)

Morfonde
Morfonde aime les causes désespérées : il en est une. Le plus souvent, il contemple ses mains qu'il trouve laides. Deux rides profondes aggravent son beau visage de conspirateur brouillé avec les destins. Il vous toise d'un oeil ennuyé, méprisant, lointain. On décèle dans son regard du calcul, de l'impatience et de l'envie qu'un rire franc d'Eliacin auquel il ne faut pas se fier dissipe aussitôt. Il paraît alors douze ans, lui qui en aura bientôt quarante. Pourquoi ce coeur haché par des tendances contraires ? Tour à tour fervent et cynique, ombrageux et mondain, indifférent et sensible, méditatif et charnel, Morfonde est affreusement insatisfait. (...)
Morfonde entretient des audaces, des météores secrets qu'il est seul à connaître et des mensonges que tout le monde devine. Sa devise : en pure perte.
Platonique, tortueux, immature, empêtré de réticences et de feintes, il se retient de surgir, s'interdit de tenter mais rêve de parvenir. (...)

Passages du livre de  Frédéric Ferney " La comédie littéraire "
par Claire Ogie publié dans : Petits mots, petites phrases des autres...
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Samedi 7 avril 2007

« Le nu se porte très difficilement; c’est une technique de l’âme; il ne suffit pas d’enlever ses habits, il faut s’enlever sa canaillerie ». Henri Michaud.

Hier, j’ai découvert un blog qui m’a particulièrement intéressé. Ce blog parle du plus simple appareil, du corps, du nu. Sujet qui m’a tout de suite interpellé.
J’aime me sentir à mon aise. Ne pas être engoncée dans des vêtements étroits. Pouvoir bouger comme bon me semble. Et ce, même si je m’obstine à porter des jeans que j’enfile avec un chausse-pieds…
L’été, j’apprécie de ne pas être obligée de porter des superpositions importantes de vêtements. J’aime pouvoir me déshabiller et profiter de l’air, du soleil, loin des regards, loin des curieux. En bref, j’aime me sentir libre. M’étendre nue sur une chaise longue, au soleil, un bouquin dans les mains, voilà un de mes petits plaisirs de l’été. C’est l’un des avantage de vivre loin des villes, loin des autres, sans témoins.
Oui, mais voilà, la nudité au milieu des autres, ça veut dire quoi ? Comment est-ce perçu ? Comment est-ce compris ? Qu’est-ce que ça veut dire, se mettre nu ?

« Mettre à vue son corps au seul prétexte du bien-être, c’est le relever de ses fonctions sociétales. C’est en quelque sorte l’acquitter. Surgi dans le monde, le corps dépris de l’habit échappe aux contours de l’identité, du rang, de la fonction. »

Sur le fond, je suis assez d’accord avec ça. Pourtant, je n’arrive pas à y croire. Je n’arrive pas à accepter cela. Pourquoi ? Parce que dans la nudité, je parle de la nudité devant les autres, la société est toujours présente. On ne peut pas y échapper. Le regard de notre culture, de notre société est toujours là, et donc, le jugement qui va avec est également présent.
Il y a la nudité des personnes jugées belles et celle des personnes jugées laides. Il y a celle des personnes en mauvaise santé. Il y a celle des jeunes et celle des vieux. Il y a celle que l’on accepte d’exhiber et celle dont on a honte et que l’on veut cacher.
Tout cela est très bien expliqué dans ce blog. Oui mais voilà, il y a un petit détail qui me choque. Il y a un petit détail qui me gène sur ce blog, se sont les photos. Il n’y a que des photos de femmes. Des photos de femmes jeunes. Pas d’hommes, que des femmes. Ou alors, si l’on voit un homme, il est au loin, très loin, comme si l’on ne devait pas le voir et laisser les femmes au devant. Pourquoi ? Parce qu’un corps d’homme est moins beau qu’un corps de femme ? C’est un discours que j’ai déjà entendu. Autant vous le dire tout de suite, je ne suis pas du tout d’accord avec ça. Parce que l’on exhibe toujours plus facilement une femme nue qu’un homme nu ?
Et dans ses photos de jeunes femmes, il y a encore des différences. Une a le sexe complètement épilé, d’autres plus ou moins, mais elles sont toutes passées par la séance d’épilation. Si ce n’est pas une marque de la société ça, qu’est-ce que c’est ? Pas besoin de vêtements pour se retrouvé marqué !

« Tandis que pour faire société le groupe humain se construit patiemment par le jeu d’alliances stables, le corps animal, sexué et sexuel, lui fait courir le risque du chaos et de la désintégration. Pour prévenir tout débordement, ses modes d’apparition font l’objet d’une stricte codification, jusque et y compris au sein des groupes humains pas ou peu vêtus. »

Au rayon codification, chez nous, il y a celles qui s’épilent et celles qui aimeraient bien qu’on leur fiche un peu la paix avec ça ! Bon, je sais, cela n’a rien à voir avec les codifications du type tatouages, scarifications, etc… quoique…

Pour être accepté nu devant les autres, il faudrait que le regard soit différent. Entre le regard du voyeur et celui du dégoutté, je suis plutôt sceptique. Il faudrait déjà que l’on s’accepte tel que l’on est, sans codification d’aucune sorte. C’est possible ça ?

Les corps nus doivent donc être épilés, pour les femmes, mais les hommes s’y mettent aussi, ce n’est donc pas prêt de s’arrêter. Comme si les poils, comme si le fait de les enlever devait nous éloigner de notre animalité. Ne surtout pas faire animal, ne surtout pas faire mammifère, ne surtout pas faire petit singe. Il ne manquerait plus que cela ! Nous sommes des êtres évolués, intelligents, nous nous épilons donc pour bien trancher avec le monde animal.
Pour les blancs, nous devons avoir un corps bronzé, un corps d’une jolie teinte. Nous devons tous prendre un soin particulier de notre corps, séances de musculation ou de gym à l’appuie.
Où est donc passé le côté libre du corps nu dans tout ça ?
Un endroit que j’aime, le hammam. Après quelques heures dans un hammam, on sort avec une peau douce comme de la soie. On peut s’offrir une séance de massages pour se détendre encore plus. Et, on peut aussi se farcir une séance d’épilation pour faire plus "civilisé". Oui, je sais, j’exagère. L’épilation existe depuis des siècles, et ce à travers le monde entier. Elle ne vient pas de nous tomber dessus, comme ça, brutalement. C’est bien pour cette raison qu’elle fait, à mes yeux, partie intégrante de ces fameuses codifications.

Où est passé la liberté du corps nu, s’il y a des codifications à respecter ?

Liens sur deux articles en particulier, ici et ici.

 

 

par Claire Ogie publié dans : A travers les blogs
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Vendredi 6 avril 2007

Tout une vague de douceur venait de la recouvrir.

« Tu te souviens ? » lui disait-il. Avaient-ils donc déjà des souvenirs en commun ? « Mais si, rappelle-toi. Regarde. » Il lui avait tendu une revue. Non, un journal. Non, une bande dessinée. Oui, c’était une bande dessinée avec une couverture souple.
Elle l’avait ouverte à la première page. Elle avait regardé les premières images. Elle avait lu les premières bulles. Elle l’avait regardé, lui. Il l’observait. Il lui souriait.
« Tu te souviens ? » lui disait-il.
Elle le revoyait là, devant elle, à attendre sa réponse.
Elle s’était à nouveau penchée sur sa lecture, sur les images, sur les dessins.
Elle avait sourit. Elle s’était levée. Elle s’était approchée de lui. Il la regardait intensément. Son journal, sa bande dessinée entre les mains, elle s’était installée sur ses genoux. Elle s’était mise là, tout naturellement. Des yeux interrogateurs se posaient sur elle. « Alors, tu te souviens ? » lui répétait-il.
« Oui, c’est nous tout ça. Tu avais retiré ton bracelet. » Un grand sourire avait accueilli ces mots.
« Oui, c’est nous tout ça » et il avait refermé la bande dessinée en l’embrassant tendrement.

par Claire Ogie publié dans : Historiettes
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Mercredi 4 avril 2007

C’était un lundi matin. Il faisait beau, mais il faisait encore un peu frais pour la saison. Il faisait tellement beau, qu’elle avait mis ses lunettes de soleil. Elle avait les yeux si fragiles. Les yeux clairs sont si sensibles aux rayons du soleil.
Elle était parti ainsi pour se rendre à la Poste. Il était environ 9h30.
Elle avait ouvert la porte, et là, il y avait déjà deux personnes. Une femme se trouvait au guichet, et un homme attendait. Il était là, juste devant la porte d’entrée. Il attendait son tour.
Elle avait ouvert la porte, « bonjour » s’étaient-ils dit. Au premier abord, cachée derrière ses lunettes de soleil, elle avait été surprise par le regard de cet homme qu’elle ne connaissait pas.
De petite taille, ou était-il de la même taille qu’elle ? Elle ne savait pas vraiment. C’était le temps d’un passage dans un bureau de Poste.

Ce qui avait attiré son attention, s’était ses cheveux. Il avait les cheveux châtain clair, ou était-ce blond foncé ? Avec ses lunettes de soleil, c’était trompeur. Il avait les cheveux dressés sur la tête, comme pour une coupe à la brosse, sauf que là, il devait bien y avoir dix bon centimètres de cheveux à faire tenir avec du gel ! C’était surprenant. Elle le regardait du coin de l’œil, cachée derrière ses lunettes de soleil.
En fait, elle le trouvait plutôt mignon, surprenant, mais mignon. Sur le côté, ses cheveux semblaient presque emmêlés, tellement il devait avoir du mal à faire tenir toute cette touffe.

Après ces quelques observations d’un homme dans un bureau de Poste, elle sortit de son sac les papiers dont elle avait besoin. Son tour allait bientôt venir, la femme venait de partir et l’homme, de passer au guichet.
Elle se plaça donc derrière lui. Elle n'en avait plus pour bien longtemps à attendre, se disait-elle.

Il portait un pull, style camionneur, gris foncé, sur un jean délavé aux poches trouées à l’arrière.
Et puis, il s’était mis à parler. C’est là que tout avait basculé.
Sa voix. Il avait une voix…
Sa voix était grave. Sa voix était chaude. Sa voix était d ‘une sensualité !
Elle se sentait défaillir en l’écoutant parler. Il parlait à la guichetière. Dès qu’il se taisait, elle ne souhaitait qu’une seule chose, qu’il se remette à parler. Elle n’aspirait qu’à une seule chose, se laisser bercer par le son de sa voix.
Elle était là, derrière lui, à noter le moindre détail de cet inconnu. Elle était là, derrière lui, à savourer le moindre détail de cet inconnu.

Et puis, au lieu de partir tout de suite, après avoir effectué ses opérations, il s’était décalé sur le côté gauche pour ranger ses papiers.

Elle, toute chamboulée, parlait à son tour. Tout en s’occupant de son courrier, elle tendait l’oreille sur le côté gauche. Elle sentait la présence de cet homme sur le côté gauche. Elle tendait l’oreille sur tout ce qui pouvait venir de l’homme qui était sur son côté gauche.
Et là, comme s’il se savait attendu, comme s’il savait qu’elle l’attendait, il s’était mis à fredonner un petit air. Tout doucement. Avec sa voix chaude et vibrante. Tout doucement, sur le côté gauche, comme s’il chantait pour elle.

Elle ne voulait pas qu’il s’arrête.
Continues. Ne t’arrête pas !

Elle n’osait pas tourner la tête. Elle restait là, l’esprit entièrement tourné vers cet homme et le corps tourné vers la femme qui lui donnait un formulaire…

Voilà, elle avait fini. Elle devait partir. Elle devait sortir. Elle était sorti.
Il était resté dans le bureau de Poste.
Elle était parti. Elle était rentrée chez elle. Elle était parti, emportant avec elle cette voix, et ce visage…
Mais qui était donc cet homme ?

par Claire Ogie publié dans : Historiettes
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Mardi 3 avril 2007
La France a parfois, au cours de son histoire, été vaincue, occupée, asservie mais elle a toujours réussi à réduire, adopter, convaincre ou suborner ses envahisseurs. Que les Barbares, venus d'Europe ou d'ailleurs, aient aujourd'hui troqué leurs javelots ou leurs tanks contre des poussettes, qu'est-ce que cela change ? Notre histoire, furieuse et chaotique, s'apaise en cédant la place à une géographie lente et silencieuse qui digère les invasions et les conflits. Ce pays perd des batailles mais il gagne l'étranger, conquiert l'occupant, assimile l'adversaire. Notre langue ne s'est pas comportée autrement: de tout temps, nous avons su enrichir le français avec des mots étrangers. Faut-il exclure de notre langue "Châle", "abricot", "algèbre", "opéra", "sandwitch", "sofa" ? Comme le dit si bien notre ami Jean d'Ormesson de son fauteuil d'académicien:"La langue est pleine d'immigrés."

Passage du livre de Frédéric Ferney " Eloge de la France immobile "
par Claire Ogie publié dans : Petits mots, petites phrases des autres...
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