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Jean-Léon Gérôme (1824-1904)Soigne mon corps,
Enveloppe-le de douces caresses.
Que la chaleur me pénètre
Avant qu’elle ne m’endorme.
Lisse bien chaque membre,
Peaufine au mieux ton œuvre,
Elle ne t’en sera que plus reconnaissante encore.
Que mes pores s’ouvrent,
Que mon esprit se ferme.
Que mes idées confuses se glissent au creux de tes mains,
Pour mieux s’évanouir avant de s’épanouir autres, ailleurs.
Soin du corps, soin de l’âme,
Juste un dernier soin avant de partir.
Jean-Léon Gérôme (1824-1904)Mise sur un pied d’estal, la déesse n’a plus le choix elle est coincée là. On lui rend hommage, on lui fait des promesses, on la supplie, on la prie. Elle est si belle, son corps aux courbes généreuses fait tellement rêver. Tout en elle évoque, provoque ? des appétits sans cesse renouvelés.
Parfois elle fait peur, alors on la violente pour mieux s’en protéger, pour croire que l’on s’en rend maître. D’autres fois elle est encensé, alors on l’enferme dans un palais doré comme un objet sacré. On se la garde tout en la mettant de côté, à l'écart. C’est une déesse ! il ne faut pas l’oublier.
Au nom de l’amour on lui a tout fait. Au nom de l’amour elle a tout subit ! Au nom de sa liberté elle s’est récriée. Au nom de l’amour, elle hurle son humanité. Au nom de l’amour elle aimerait tant qu’on l’aime tout simplement sans chercher à la posséder.
Ce n’est pas une divinité, juste une femme pleine d’humanité.
Jean-Léon Gérôme (1824-1904)L’eau de la fontaine clapote, elle coule, roule et se brise en un bruit régulier. Tout est marqué du rythme lent et répétitif. L’immanence apparente d’une vie au milieu de l’impermanence des choses.
Le temps se délie, sa caresse se fait légère avant de devenir plus forte. Plus douloureuse ? plus pressante. Plus opressante.
Tout glisse. Pas d’aspérité. Pas de rugosité apparente. Tout de douceur. Tout en douceur au milieu des courbes. Fausse douceur dans la fraîcheur d’un lieu de détente.
Clip clap clop
La chute résonne dans la salle d’eau tout comme dans les têtes.
Clip clap clop
Une cascade assourdissante se fait jour au fond des cerveaux.
Clip clap clop
Rien ne pourra sortir d’ici hormis le chant régulier de la complainte des éléments.
Clip clap clop
Le chant ancestral des femmes muettes et enfermées.
Clip clap clop
Le long chant désespéré des femmes baillonnées et enchaînées, des femmes serviles.