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On l’intellectualise d’abord, on en rêve, on y pense, on l’imagine, on la sent venir, on la touche du bout de l’esprit tellement elle semble déjà vivante en nous. On la touche déjà du bout des doigts dans la profondeur de nos songes.
On la façonne, on la travaille longuement avant de prétendre lui donner vie.
La sculpture humaine.
Travail de longue haleine, presque un chef d’œuvre digne des bâtisseurs de cathédrales !
La sculpture humaine.
Celle qui nous habite depuis si longtemps, celle qui voit le jour chaque jour qui passe et fait parfois de nous des êtres épuisés, las, en larmes devant la rudesse, la lenteur du travail, la somme d’efforts à fournir pour être digne de ce rêve matérialisé.
Celle qui nous habite et nous met souvent en transe rien qu’à l’idée de la concrétiser.
Le sculpture humaine.
Oeuvre vivante, art hors du commun, et si commun en même temps.
L’œuvre de nos vies, celle qui nous fait courir, avancer, freiner avant de repartir avec un nouvel élan qui nous sort des tripes et nous fait faire mille folies pour les beaux yeux de cette sculpture humaine, de cet autre qui nous rend si fragile et si fort en même temps. Cet amour de l’autre qui nous sculpte en même temps que nous le sculptons.
La dureté de la matière et la douceur des sentiments.
Sculpture humaine.
La solidité toute éphémère d’une œuvre humaine faite de chair et de sang à travers le temps.
La fragilité si trompeuse d’une œuvre humaine à travers le temps.
La mémoire du temps qui passe nous laisse tellement de traces de ces amours sculptés par la seule force des sentiments.
Certains en rêvent, d’autres leurs donnent vie, c’est comme tout, un long apprentissage…
La sculpture humaine.