Lundi 24 septembre 2007
_ Que vont-ils nous faire ? Où nous emmènent-ils ? Puis en regardant Zed. Traître, c’est à cause de toi tout ça !
Alix, depuis son réveil, ne sait plus où donner de la tête. Tout se bouscule dans son esprit, avec une certitude profondément enracinée: jamais rien d’acquis, jamais de repos, toujours rester sur la défensive.
_ Qui a tué le Mitatoué ? Il valait son pesant d’or celui-là. C’est à cause de lui si on se retrouve dans cette situation ! C’est vrai quoi, les Renoueurs étaient prêts à nous laisser libre après une telle prise. J’avais tout organisé ! Les recherches qu’ils auraient pu accomplir sur un mage...
_ Lui arracher de force toutes ses prédictions. Le découper en morceaux s’il refusait de ce livrer à leurs petits jeux. Le secret du lieu des hautes terres et, pourquoi pas, le moyen de lire et de changer l’avenir rien que pour eux.
En répondant à Zed, Guénolé comprend brutalement les mots de Goulven. Une signification qui, jusque là, lui avait échappée. “Ne seriez-vous pas en train de me voir gisant sur le sol, votre lame acérée tranchant,
découpant ma chair...” Il ne s’était pas fait tuer. Goulven s’était suicidé. Il en avait la certitude. C‘était une évidence ! Comment un homme, averti de ce qui allait se produire, aurait-il pu accepter une telle situation ? Les risques physiques encouru, le danger des tortures et des paroles échappées. Voilà qui était bien trop dangereux ! Il avait délibérément mis fin à ses jours. Depuis le début du trajet Guénolé ne faisait que ressasser ces derniers événements. Se faire lacérer, découper en rondelles, ne faisait pas parti des options du mage. Il ne c’était pas uniquement adressé à lui, Guénolé, non... Il savait ce qu’il risquait, s’il se faisait attraper vivant. Lui aussi avait décidé de prendre une autre voie, celle d’être libre de choisir comment mourir et par quelle main.
Zed, lui, continu son flot de paroles inepte.
_ Et oui, et pourquoi pas ? En quoi cela nous regardait-il qu’ils le torturent où pas ? Et au fait, depuis quand te soucies-tu du sort des autres ? Et puis, de toute façon, notre liberté était à ce prix !
_ Notre liberté ? Parles plutôt de la tienne, oui ! La nôtre se portait à merveille avant que tu daignes, dans ton immense bonté, t’en mêler.
Je vais faire le choix de croire en vous, faites celui d’être digne de confiance! Pourquoi Goulven avait-il pris la peine de venir jusqu’à lui ? Pourquoi, dans quel but s’était-il sacrifié ? Guénolé en était là de ses réflexions quand Zed fit une nouvelle fois preuve de sa mauvaise foi habituelle.
_ Quelle ingratitude ! Avec toi, c’est toujours pareil. On veut aider, et voilà comment on est remercié ! Guénolé se tourne et plonge son regard menaçant dans les pupilles de Zed, interloqué.
_ Je veux que tu me racontes tout ! Tout ce que tu as vu, tout ce que les Renoueurs t’ont dit. Et, un petit conseil, n’omets aucun détail.
_ Tu veux que je te dises tout ? Pas de problème ! De toute façon on est plutôt mal parti. Ce n’est pas toi qui va nous sortir de là maintenant, c’est un peu tard, tu ne crois pas ?
_ Zeeeed... Grogne Guénolé entre ses dents.
_ Bon, bon, ça va... Tu veux tout savoir ? Et bien je vais te dire moi. Tout ça, c’est uniquement de ta faute. Oui, oui, parfaitement, tu peux écarquiller les yeux. N’empêche que si tu ne m’avais pas jeté du camp, on n’en serait pas là. C’est vrai quoi, je n’aurai pas croisé le Mitatoué après vous avoir quitté, et encore moins les Renoueurs un peu plus loin. Nous serions restés tous les trois bien sagement assis à déguster notre poisson. D’ailleurs, j’ai faim, je n’ai rien mangé moi. Tout le monde ne peux pas en dire autant, hein !
_ Tu dis que tu as rencontré le Mitatoué ?
_ Évidemment, comment crois-tu qu’il soit arrivé jusqu’à vous ? Il cherchait un endroit pour se réchauffer et manger un bout. Je vous l’ai envoyé. Je ne pense pas qu’à ma petite personne moi. Je suis charitable. Les petits vieux, ils m’ont toujours fait pitié.
_ Et donc, dès ta rencontre avec la confrérie des Renoueurs, tu t’es dit que ta charité pouvait te permettre de nous livrer à ces barbares sanguinaires.
_ Voilà, ça y est ! Tu déformes tout. Comment peux-tu une minute penser une chose pareille ? Vraiment, tu me déçois ! Après tout ce que nous avons vécu ensemble. Après toutes les épreuves que nous avons traversé, pas la moindre compréhension. Vraiment, je suis attristé.
_ Tiens donc ! Et d’après toi, que devrais-je penser ?
_ Mais voyons, cela coule de source ! Je comptais sur toi pour tous les aplatir comme des crêpes. D’ailleurs, si on y réfléchi bien, j’ai presque sauvé la vie de ce Mitatoué !
_ Pardon ???
_ Et oui, penses un peu que sans moi, il ne vous aurait pas trouvé et il serait tombé directement sur les Renoueurs, puisqu’il se dirigeait vers eux avant notre rencontre. Toi qui t’inquiétais tout à l’heure de ce qu’ils auraient pu lui faire, et bien là, ça aurait été réussi...
Alix, depuis son réveil, ne sait plus où donner de la tête. Tout se bouscule dans son esprit, avec une certitude profondément enracinée: jamais rien d’acquis, jamais de repos, toujours rester sur la défensive.
_ Qui a tué le Mitatoué ? Il valait son pesant d’or celui-là. C’est à cause de lui si on se retrouve dans cette situation ! C’est vrai quoi, les Renoueurs étaient prêts à nous laisser libre après une telle prise. J’avais tout organisé ! Les recherches qu’ils auraient pu accomplir sur un mage...
_ Lui arracher de force toutes ses prédictions. Le découper en morceaux s’il refusait de ce livrer à leurs petits jeux. Le secret du lieu des hautes terres et, pourquoi pas, le moyen de lire et de changer l’avenir rien que pour eux.
En répondant à Zed, Guénolé comprend brutalement les mots de Goulven. Une signification qui, jusque là, lui avait échappée. “Ne seriez-vous pas en train de me voir gisant sur le sol, votre lame acérée tranchant,
découpant ma chair...” Il ne s’était pas fait tuer. Goulven s’était suicidé. Il en avait la certitude. C‘était une évidence ! Comment un homme, averti de ce qui allait se produire, aurait-il pu accepter une telle situation ? Les risques physiques encouru, le danger des tortures et des paroles échappées. Voilà qui était bien trop dangereux ! Il avait délibérément mis fin à ses jours. Depuis le début du trajet Guénolé ne faisait que ressasser ces derniers événements. Se faire lacérer, découper en rondelles, ne faisait pas parti des options du mage. Il ne c’était pas uniquement adressé à lui, Guénolé, non... Il savait ce qu’il risquait, s’il se faisait attraper vivant. Lui aussi avait décidé de prendre une autre voie, celle d’être libre de choisir comment mourir et par quelle main.
Zed, lui, continu son flot de paroles inepte.
_ Et oui, et pourquoi pas ? En quoi cela nous regardait-il qu’ils le torturent où pas ? Et au fait, depuis quand te soucies-tu du sort des autres ? Et puis, de toute façon, notre liberté était à ce prix !
_ Notre liberté ? Parles plutôt de la tienne, oui ! La nôtre se portait à merveille avant que tu daignes, dans ton immense bonté, t’en mêler.
Je vais faire le choix de croire en vous, faites celui d’être digne de confiance! Pourquoi Goulven avait-il pris la peine de venir jusqu’à lui ? Pourquoi, dans quel but s’était-il sacrifié ? Guénolé en était là de ses réflexions quand Zed fit une nouvelle fois preuve de sa mauvaise foi habituelle.
_ Quelle ingratitude ! Avec toi, c’est toujours pareil. On veut aider, et voilà comment on est remercié ! Guénolé se tourne et plonge son regard menaçant dans les pupilles de Zed, interloqué.
_ Je veux que tu me racontes tout ! Tout ce que tu as vu, tout ce que les Renoueurs t’ont dit. Et, un petit conseil, n’omets aucun détail.
_ Tu veux que je te dises tout ? Pas de problème ! De toute façon on est plutôt mal parti. Ce n’est pas toi qui va nous sortir de là maintenant, c’est un peu tard, tu ne crois pas ?
_ Zeeeed... Grogne Guénolé entre ses dents.
_ Bon, bon, ça va... Tu veux tout savoir ? Et bien je vais te dire moi. Tout ça, c’est uniquement de ta faute. Oui, oui, parfaitement, tu peux écarquiller les yeux. N’empêche que si tu ne m’avais pas jeté du camp, on n’en serait pas là. C’est vrai quoi, je n’aurai pas croisé le Mitatoué après vous avoir quitté, et encore moins les Renoueurs un peu plus loin. Nous serions restés tous les trois bien sagement assis à déguster notre poisson. D’ailleurs, j’ai faim, je n’ai rien mangé moi. Tout le monde ne peux pas en dire autant, hein !
_ Tu dis que tu as rencontré le Mitatoué ?
_ Évidemment, comment crois-tu qu’il soit arrivé jusqu’à vous ? Il cherchait un endroit pour se réchauffer et manger un bout. Je vous l’ai envoyé. Je ne pense pas qu’à ma petite personne moi. Je suis charitable. Les petits vieux, ils m’ont toujours fait pitié.
_ Et donc, dès ta rencontre avec la confrérie des Renoueurs, tu t’es dit que ta charité pouvait te permettre de nous livrer à ces barbares sanguinaires.
_ Voilà, ça y est ! Tu déformes tout. Comment peux-tu une minute penser une chose pareille ? Vraiment, tu me déçois ! Après tout ce que nous avons vécu ensemble. Après toutes les épreuves que nous avons traversé, pas la moindre compréhension. Vraiment, je suis attristé.
_ Tiens donc ! Et d’après toi, que devrais-je penser ?
_ Mais voyons, cela coule de source ! Je comptais sur toi pour tous les aplatir comme des crêpes. D’ailleurs, si on y réfléchi bien, j’ai presque sauvé la vie de ce Mitatoué !
_ Pardon ???
_ Et oui, penses un peu que sans moi, il ne vous aurait pas trouvé et il serait tombé directement sur les Renoueurs, puisqu’il se dirigeait vers eux avant notre rencontre. Toi qui t’inquiétais tout à l’heure de ce qu’ils auraient pu lui faire, et bien là, ça aurait été réussi...
par Claire Ogie
publié dans :
Mangeurs de maux. (6)
communauté :
L'écriture dans tous ses états
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