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Echange dépendance solitaire contre amour autonome.
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Parcours d'autonomie (lien article))




Dès 1954, Hannah Arendt estime l'autorité condamnée dans les démocraties modernes, où les citoyens sont égaux.

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Samedi 30 décembre 2006
    A mes 19 ans, je suis partie vivre à Paris. Nous ne promenions plus nos chiens ensemble depuis plusieurs mois, le sien avait été donné à une famille vivant à la campagne. Nadège, de son côté allait se mettre en ménage avec son premier mari. J’allais en faire autant. Du jour où les garçons sont devenu notre quotidien, nos chemins sont devenus parallèles. Nous nous sommes mariés à quelques mois d’intervalle, sans nous concerter. Nous avons fait exactement la même chose pour divorcer. Nos époux respectif se ressemblaient comme deux jumeaux. J’exagère. Mais, nous avions opté pour deux jeunes coqs, des “Moi-je“ en puissance. Même physique, même profil. Environ 1,75m, très minces, bruns, avec des lunettes. En gros, le stéréotype de l’intello, sauf que le mien était un manuel. Il y avait erreur sur la marchandise, ce n'était pas du tout ce qu'il me fallait. Le sien cadrait déjà nettement plus: un linguiste. Nous ne chassions pas tout à fait dans la même cour. Le résultat a été le même, un fiasco. 
  
                                                  *

                                          Cake aux olives

    Ingrédients: 250gr. de farine, 4 oeufs, huile d’olive, 1/2dl. de vin blanc sec, 1 petit verre de vermouth, 150gr. d’olives vertes dénoyautées, 200gr. de jambon, 150gr. de gruyère râpé, 1 sachet de levure, sel, poivre.

    Faire préchauffer le four th.5. Mélanger la farine avec les oeufs. Ajouter l’huile, le vin, puis les olives, le jambon coupé en dés, le fromage râpé et la levure. Saler, poivrer. Faire cuire dans un moule à cake pendant 50 minutes.

                                                  *

    Des collègues de travail avaient donné cette recette à Nadège. Mais, pour mon amie, ce n’était pas de la cuisine. Le jugement tombait brutalement: trop rapide et pas assez goûteux. Moi, j’aimais bien. D’ailleurs, c‘est une recette que j‘utilise toujours. 
     Les années se sont écoulées. Les hommes ont défilés. Puis, vint le jour de l’apparition du deuxième mari. Le sien, elle l’avait trouvé dans un train. Comme toujours, c’est quand on est pas prêt, que ce genre de truc nous tombe sur le coin de la figure. Pas coiffée, pas maquillée ou si mal, fagotée comme l‘as de pique bref, la totale... Lorsque les couples se forment, les amitiés subissent souvent des transformations, des mutations. Son homme, était un futur avocat. Nous ne chassions toujours pas dans la même cour. Mais non, il n’était plus là question de chasse. Dans son cas, c’était un coup de foudre. Le mien est venu beaucoup plus tard, après le deuxième mari...
   
    Elle m’avait dit:”Retrouvons-nous sur Paris, le temps d’un repas, ça serait sympa”. Après dix ans d’absence, cela pouvait paraître curieux. En fait, après dix ans d’absence, cela me paraissait curieux. Que pourrions-nous bien nous raconter ? Que pourrait-elle me dire, elle qui avait refusé de me présenter son mari ? De quoi avait-elle peur à ce moment là ? Je n’avais jamais été une concurrente pour elle. Pourquoi ce rejet brutal et violent ? L’excuse du temps qui lui manquait, qui leur manquait. Je ne sais pas. C’est le prétexte qu’elle donnait, qu’elle me donnait. Au fond de moi, j’ai surtout senti qu’elle ne m’estimait pas digne de lui être présenté. Complexe d’infériorité, quand tu réapparais... Nous ne chassions pas tout à fait dans la même cour, je l’ai déjà dit...
   
    Nous avons quitté en même temps la région Parisienne. Nous sommes devenus des provinciales. Les années se sont écoulées. Nous avons continué à nous appeler, chacune à l’autre bout de la France. Les naissances, les permis de conduire nous ont rapproché. Oui, nous avons passé nos permis très tardivement. Elle, pour enfin se déplacer librement. Moi, pour me libérer de mon deuxième mari et, demander le divorce. Vivre à la campagne sans véhicule, ce n’est pas possible. Et évidemment, toujours sans se concerter. C’est fou ces choix de vie parallèles !
    La dernière en date, il y a quelques mois. Je lui annonce au téléphone que j’envisage de créer un blog. Et là, crac, elle me sort, ni plus ni moins, qu’elle vient tout juste d’en créer un.
    Depuis que je me suis enfin décidé à passer le cap, à mettre mes écrits en ligne, elle me soutient toujours.
   
    Tous ceux qui nous connaissent depuis l’enfance, savent comment nous sommes. Ils connaissent notre force et nos faiblesses. Ils savent et acceptent ce que nous sommes, même s’ils ne le comprennent pas toujours.
    Internet, c’est du virtuel. Mais parfois pour se retrouver, c’est du réel.      
   

                        
   
                  
   
par Claire Ogie publié dans : Retrouvailles
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Vendredi 29 décembre 2006
Nadège essayait bien par tous les moyens de me convaincre du bien fondé de la vie avec un père à domicile, je lui répondais inlassablement que face aux raclées qu’elle recevait dès qu’elle faisait un pas de travers, j’étais bien heureuse d’échapper à ce genre de traitement. Il faut dire que j’avais déjà bien assez à faire avec le martinet de ma mère, pas besoin de la poigne d’un père par dessus le marché.
    En fait, à nos deux familles, nous formions déjà un bel échantillonnage des religions de France. Il ne manquait plus qu’un Musulman. Nadège ou moi, nous aurions pu en épouser un, mais la situation ne s’est jamais présentée.
    Curieusement, dans le sous-sol de la maison de mon amie, on pouvait aussi trouver une bibliothèque, non loin des truffes au chocolat. Un des premier livre qu’elle avait du me prêter, ce devait être “Le journal d’Anne Franck”. La fameuse bibliothèque était bien évidemment celle de ses parents et, le prêt des livres était avec leur consentement. Je me souviens avoir littéralement dévoré ce livre. Je n’avais jamais entendu parlé d’une histoire pareille. Je m’en étais ouverte auprès de ma mère. Grossière erreur. Elle me regarda, la mine effaré et dégoûté
. A ses yeux, Nadège et sa famille étaient irrémédiablement à rayer de mes fréquentations. Pourtant, elle ne m’en donna jamais l’ordre, ni les explications qui auraient du aller avec mais, dès ce jour, tout ce qui venait de “là-bas” était marqué du sceau de l’infamie. Il m’a fallu bien des années avant de comprendre pourquoi. Je n’ai jamais tenu aucun compte de tout cela et, les livres ont continués à circuler de façon très régulière. Nos bavardages et nos promenades du soir aussi. 
    Nos familles étaient foncièrement opposées. Ma mère levait les yeux au ciel pour ensuite me jeter un oeil méprisant. Elle ne supportait pas que l’on rabaisse un dénommé Giscard dans une sombre histoire de bijoux venus d’Afrique. De son côté Nadège me rabattait les oreilles avec un journal au curieux nom de: canard enchaîné, c’était à n’y rien comprendre... 1981, année d’une élection présidentielle. Mines réjouies chez Nadège. La soupe à la grimace chez moi. Il y a souvent des idées toutes faites qui circulent dans le temps. L’une d’entre elle, nous opposait encore un peu plus. La famille de Nadège vivait dans une grande maison de sept pièces avec un jardin. Pour la banlieue Parisienne, ce n’était pas dans les moyens de tout le monde. De mon côté, nous vivions entassées dans un petit deux pièces de 48m² au troisième étage d’un immeuble en briques rouge, “fleuron” des années soixante. Le monde à l’envers ! Un soir de réception, Elle, impeccable en tenue de soirée, escarpins aux pieds et chignon à la Parisienne au sommet du crâne, se vit répondre à un jeune visiteur nouvellement inscrit au parti, qui s’étonnait de façon déplacée de la beauté de sa demeure: <<Mais mon cher Monsieur, il n’y a pas incompatibilité entre avoir le goût du beau et être de gauche. Un bon socialiste n’est pas forcément un crève la faim vivant dans un taudis !>>  A cette époque là, les histoires de gauche et de droite me passaient largement au-dessus de la tête, au grand désespoir de Nadège. Comment m’y retrouver, j’avais constamment les deux sons de cloches opposés dans les oreilles. Il y avait de quoi s’y perdre. Comment désavouer les idées de ma famille, elle qui était censée détenir la vérité, tout du moins aux yeux d’un enfant...
    Nos points communs ne se trouvaient pas dans nos familles ni dans l’éducation que nous recevions. Non. Nos ressemblances se situaient dans nos goûts masculins. Nous allions le découvrir, les années venant.
  Au deuxième étage de la maison de mon amie, se trouvait le bureau de Lui. C'était une toute petite pièce d'environ 6m², pas plus. Sur les murs, tapissés de liège, était accroché sa collection de pipes. Je ne sais plus combien il y en avait. Mais il y en avait partout. Les murs en étaient intégralement recouverts. Derrière la porte était installée la chaîne hifi, ainsi que la collection de disques 33 tours et 45 tours. Nous écoutions de tout. Nadège pouvait également y joindre ses propres disques pour les écouter dans l'antre de son père. Suprême reconnaissance, j'y étais également admise. Nous nous vantions d'avoir des goûts éclectiques en matière de musique, tout comme de littérature d'ailleurs. Aux copains qui se vantaient d'avoir un chanteur favori, nous passions pour des extra-terrestres. Nous, nous aimions de façons diverses et variées. Pourquoi se limiter ?! Nous passions donc allègrement de Renaud aux Beatles, en passant par Lio, l'orchestre du Splendid, Charles Trenet, Kate Bush, Mozart, Scorpion, Bernard Lavilliers, Santana, les Platters, Wagner, etc... Nous chantions avec le même entrain: "Les brunes comptent pas pour des prunes", "Ca plane pour moi", "Imagine", "We are the champions", "Laisse béton", "Débit de l'eau, débit de lait", "Macao", "Only you", "Ti amo" et, dans nos grandes envolées lyriques, nous n'hésitions pas à entonner les retrouvailles de Papageno et Papagena dans la flûte enchantée...
    Les années passaient, nous étions toujours fourrées ensemble. Nous échangions nos impressions sur nos expériences personnelles concernant les garçons. Je n'irai pas jusqu'à dire que nous étions pressées de perdre notre virginité, mais ce n'était pas loin. Laquelle de nous deux a passé le cap en premier ? Je ne sais plus. Ce dont je me souviens, c'est de notre air complètement idiot une fois la chose faite. (suivre...)

   
par Claire Ogie publié dans : Retrouvailles
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Jeudi 28 décembre 2006
                                                     * 

                                         Truffes au chocolat

    Ingrédients: 250gr de chocolat noir...

     Je ne peux malheureusement pas donner cette recette, à moins que Nadège ne me libère de ma promesse. Cette recette était un secret de famille, qu'elle avait déjà éventé avec moi...

                                                   *

    Les truffes au chocolat venaient de sa grand-mère maternelle, une grand-mère Bretonne. Dans le sous-sol, quelques jours avant Noël, sur une grande table, des plats recouverts de pyramides en papier d’aluminium cachaient des centaines de truffes en chocolat empilées pour l‘occasion. La famille de Nadège n’était pas ce que l’on peut appeler une petite famille.
    Nadège avait deux sœurs, l’aînée avait quatre ans de plus qu’elle, la petite dernière en avait six de moins. Chez moi, c’était beaucoup moins remuant, j’étais toute seule. Le père de mon amie, à la naissance de sa troisième fille, décida une bonne fois pour toute que sa deuxième, Nadège, serait le garçon qu’il n’aurait jamais. A partir de ce jour, il l’entraîna dans toutes ses activités favorites: pêche à la ligne, initiation aux cabanes dans les arbres et de toutes, sa favorite, le golf. Pour les jeunes adolescentes que nous étions, je dois l’avouer, le fil de pêche est excellent de par sa solidité pour la confection de colliers et autres colifichets de notre invention. Quant au parapluie de golf, une vraie merveille. Les jours de pluie, nous frimions dans la rue, un parapluie géant pour six personnes, un parapluie de golf nous protégeant des intempéries. Nous nous tenions bras-dessus, bras-dessous, les chiens sur les côtés et le parapluie au milieu. Sur le trottoir, nous faisions la loi !
    Nous étions très différentes. Nadège passait son temps à se pomponner. Des heures entières devant le miroir de la salle de bain pour s’extirper les points noirs, puis se maquiller pour cacher la misère. J’étais assez réfractaire à toutes ces manipulations et autres rituels qu’elle s’infligeait quotidiennement. J’étais plutôt du genre nature, ça n’a pas changé...
    Au cours de notre scolarité, les parents de mon amie décidèrent de l’envoyer en Angleterre comme fille au pair. Ses résultats en langue étant décidément trop désastreux donc, aux grands maux, les grands moyens ! Elle fut absente pendant six mois, un vrai calvaire. A son retour, elle s’empressa de me faire goûter à la jellies, sorte de gelée transparente très sucrées, pleine de colorants, genre rose fushia fluorescent, un dessert très British parait-il. Plus tard, nous allions chez Mark et Spencer, la réserve initiale étant épuisée. Son séjour en Angleterre avait été écourté suite au comportement suspect du père d’une famille et, aux exigences limites esclavagistes d’une autre. Personnellement, j’étais ravi de ce retour prématuré, Nadège aussi.

                 
                                                     *

                                          Poulets à la diable

    Ingrédients: (pour six personnes) 3 petits poulets de 600gr, 1 tasse à café d’huile d’olive, 50gr de chapelure blonde, sel, poivre.
     Pour la sauce:  1 cuillerée à soupe d’huile d’olive, 2 échalotes, 1 verre de vin blanc sec, 2 verres de ketchup fort, 1 cuillerée à café de Worcester sauce, 3 gouttes de Tabasco.

    Couper les poulets en deux et aplatir chaque moitié. Avec un pinceau, les enduire d’huile d’olive. Saler, poivrer, couvrir aussitôt la peau de chapelure bien appuyée. Mettre au four chaud (5-6 th) posés sur la grille du lèchefrite. Laisser cuire sans arroser pendant 25 minutes. Éteindre le four. Laisser encore gonfler 5 minutes. Servir accompagnés de la sauce, de maïs grillé ou de frites et garnis de rondelles d’oignons frites.
    La sauce: Faire fondre les échalotes hachées dans l’huile. Mouiller avec le vin blanc et faire réduire de moitié. Ajouter le ketchup, la Worcester sauce, le Tabasco, le sel. Au premier bouillon, servir en saucière.

                                                     *

    La recette du poulet à la diable venait de la mère de Nadège, ou plus exactement du magazine Elle, auquel elle était abonnée.
    << C’est quoi du Tabasco ?
    _ C’est très fort. Je t’y fais goûter. Juste une goutte sur le bout de la langue. Et après, surtout tu ne bois pas d’eau, tu manges du pain. >>
    Devant mes yeux révulsés et ma mine écarlate, elle s’est empressée d’allier les actes à la parole, bref de me fournir en mie de pain...
    Les parents de Nadège..., je ne savait pas à l’époque, combien cette famille allait me marquer à tout jamais. Combien, dans un certain sens, ils allaient me servir de modèle. 
    Le père de Nadège, je vais l’appeler Lui, était un homme de très grande taille. Il mesurait 1,90m. Il était assez carré, donc impressionnant. Un grand brun au teint mat. Nadège tenait beaucoup de son père en dehors de sa taille. Lui, était juif pied noir, et s’était fait rejeter de sa famille pour avoir épousé une catholique.
    La mère de mon amie, je vais l’appeler Elle, était une petite femme de 1,55m. Un petit bout de femme rousse, au teint évidemment très blanc. Ils formaient un couple insensé et superbe. Lui, était un ancien instituteur reconverti dans les assurances, avant de se retrouver au chômage. Elle, était une ancienne décoratrice d’intérieur, devenu mère au foyer et, en alternance, secrétaire de Monsieur son époux. Tout cela me changeait beaucoup de mon milieu personnel. J’étais issus d’une famille protestante, avec en tout et pour tout, ma mère et ma grand-mère sous le même toit. Pas d’homme à la maison, si ce n’est le chien, seul représentant du sexe masculin. (à suivre...)

                          
par Claire Ogie publié dans : Retrouvailles
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Mercredi 27 décembre 2006
    Elle m’avait dit:”Retrouvons-nous sur Paris, le temps d’un repas, ça serait sympa”. Après dix ans d’absence, cela pouvait paraître curieux. En fait, après dix ans d’absence, cela me paraissait curieux. Que pourrions-nous bien nous raconter ? Au téléphone, elle prétendait avoir beaucoup changé: ”Trois grossesses et je ressemble plus à une tour qu’à autre chose.” Mais elle se reprenait bien vite, son humour toujours présent: “Par contre, pas un seul cheveux blanc ni une seule ride, la graisse rempli les creux. Pour une femme de 43 ans, je m’en sors plutôt bien, et toi ?” Et voilà, nous y étions. Était-ce pour constater les ravages du temps sur mon corps qu’elle souhaitait me revoir ? Elle s’était donc jetée sur la nourriture pour ne pas se voir vieillir et, remplir ses rides. Moi, j’avais retiré mes lunettes pendant plus de dix années, pour ne pas voir ce qui me dérangeait, ma vie. Chacun sa fuite en avant, nous avions toujours eu un parcours très proche, cela continuait dans le sordide.                                                                             
                                              
                                                *                                       
                                   
                                          TABOULE                                                                  
 (A préparer la veille)
       
    Ingrédients: 500gr de semoule (moyen) à couscous, huile, 1 concombre, 4 à 5 tomates, jus de citrons, feuilles de menthe, oignons grelots, sel, poivre.

    Mettre la semoule, avec un peu d’huile, dans un saladier. Couper en morceaux le concombre, les tomates et les oignons. Les incorporer à la semoule. Ajouter la menthe hachée. Verser le jus de plusieurs citrons, le sel, le poivre et l’huile. Bien mélanger le tout. Couvrir et mettre au réfrigérateur. Remuer de temps en temps. La semoule va gonfler pendant la nuit grâce au jus de citron et, à celui des tomates et du concombre. Servir le lendemain.

                                               *
   
    C’est à travers les recettes de cuisine que j’avais découvert la diversité de la famille de mon amie Nadège. Le taboulé venait de sa grand-mère paternelle, une grand-mère Algéroise. Le nez dans le réfrigérateur, une fourchette à la main, nous nous délections des préparatifs prévus pour le soir même. Nadège avait le chic pour me faire découvrir des trucs qui me semblaient complètement exotique. Pain azyme..., c’était quoi déjà !?
    Nous avions fait connaissance en 1976, dans la rue, sur le trottoir, nos deux chiens se précipitant l’un sur l’autre. En fait, nous étions presque voisines. Nous habitions à quatre maisons d’intervalle. Nous vivions alors en région Parisienne, dans le val de marne, et avions respectivement 14 et 12 ans. Tous les soirs, entre 19h30 et 20h30, nous refaisions le monde au cours de notre promenade en compagnie de nos amis canidés, un setter Irlandais et un boxer. Si les gens de ce monde devaient être attirés uniquement par leur semblables, nous ne nous serions jamais rencontrées. Nos chiens non plus d’ailleurs. D’un autre côté, il paraît que les opposés s’attirent... Je ne sais pas. Tout ce que je sais, c’est que nos familles respectives n’avaient rien en commun, si ce n’est deux filles qui s’amusaient parfois beaucoup à leur dépend.
    On dit souvent qu’un chien ressemble à son maître. En ce qui nous concernait, nous aurions pu échanger les nôtres, cela aurait mieux correspondu à nos physiques. Nadège était le type même de la petite brune au teint mat et moi, la grande châtain foncé, blanche comme un cachet d’aspirine. Nadège était plutôt ronde et déjà bien formée, les garçons la surnommaient pamplemousse. Moi, j’étais grande et mince, encore plate comme une limande. Nous avions donc deux ans d’écart, j’étais la plus jeune, Nadège devint mon amie et un peu ma grande sœur. (à suivre...)

                         
par Claire Ogie publié dans : Retrouvailles
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