Samedi 30 décembre 2006
A mes 19 ans, je suis partie vivre à Paris. Nous ne promenions plus nos chiens ensemble depuis plusieurs mois, le sien avait été donné à une famille vivant à la campagne. Nadège, de son côté allait se mettre en ménage avec son premier mari. J’allais en faire autant. Du jour où les garçons sont devenu notre quotidien, nos chemins sont devenus parallèles. Nous nous sommes mariés à quelques mois d’intervalle, sans nous concerter. Nous avons fait exactement la même chose pour divorcer. Nos époux respectif se ressemblaient comme deux jumeaux. J’exagère. Mais, nous avions opté pour deux jeunes coqs, des “Moi-je“ en puissance. Même physique, même profil. Environ 1,75m, très minces, bruns, avec des lunettes. En gros, le stéréotype de l’intello, sauf que le mien était un manuel. Il y avait erreur sur la marchandise, ce n'était pas du tout ce qu'il me fallait. Le sien cadrait déjà nettement plus: un linguiste. Nous ne chassions pas tout à fait dans la même cour. Le résultat a été le même, un fiasco.
*
Cake aux olives
Ingrédients: 250gr. de farine, 4 oeufs, huile d’olive, 1/2dl. de vin blanc sec, 1 petit verre de vermouth, 150gr. d’olives vertes dénoyautées, 200gr. de jambon, 150gr. de gruyère râpé, 1 sachet de levure, sel, poivre.
Faire préchauffer le four th.5. Mélanger la farine avec les oeufs. Ajouter l’huile, le vin, puis les olives, le jambon coupé en dés, le fromage râpé et la levure. Saler, poivrer. Faire cuire dans un moule à cake pendant 50 minutes.
*
Des collègues de travail avaient donné cette recette à Nadège. Mais, pour mon amie, ce n’était pas de la cuisine. Le jugement tombait brutalement: trop rapide et pas assez goûteux. Moi, j’aimais bien. D’ailleurs, c‘est une recette que j‘utilise toujours.
Les années se sont écoulées. Les hommes ont défilés. Puis, vint le jour de l’apparition du deuxième mari. Le sien, elle l’avait trouvé dans un train. Comme toujours, c’est quand on est pas prêt, que ce genre de truc nous tombe sur le coin de la figure. Pas coiffée, pas maquillée ou si mal, fagotée comme l‘as de pique bref, la totale... Lorsque les couples se forment, les amitiés subissent souvent des transformations, des mutations. Son homme, était un futur avocat. Nous ne chassions toujours pas dans la même cour. Mais non, il n’était plus là question de chasse. Dans son cas, c’était un coup de foudre. Le mien est venu beaucoup plus tard, après le deuxième mari...
Elle m’avait dit:”Retrouvons-nous sur Paris, le temps d’un repas, ça serait sympa”. Après dix ans d’absence, cela pouvait paraître curieux. En fait, après dix ans d’absence, cela me paraissait curieux. Que pourrions-nous bien nous raconter ? Que pourrait-elle me dire, elle qui avait refusé de me présenter son mari ? De quoi avait-elle peur à ce moment là ? Je n’avais jamais été une concurrente pour elle. Pourquoi ce rejet brutal et violent ? L’excuse du temps qui lui manquait, qui leur manquait. Je ne sais pas. C’est le prétexte qu’elle donnait, qu’elle me donnait. Au fond de moi, j’ai surtout senti qu’elle ne m’estimait pas digne de lui être présenté. Complexe d’infériorité, quand tu réapparais... Nous ne chassions pas tout à fait dans la même cour, je l’ai déjà dit...
Nous avons quitté en même temps la région Parisienne. Nous sommes devenus des provinciales. Les années se sont écoulées. Nous avons continué à nous appeler, chacune à l’autre bout de la France. Les naissances, les permis de conduire nous ont rapproché. Oui, nous avons passé nos permis très tardivement. Elle, pour enfin se déplacer librement. Moi, pour me libérer de mon deuxième mari et, demander le divorce. Vivre à la campagne sans véhicule, ce n’est pas possible. Et évidemment, toujours sans se concerter. C’est fou ces choix de vie parallèles !
La dernière en date, il y a quelques mois. Je lui annonce au téléphone que j’envisage de créer un blog. Et là, crac, elle me sort, ni plus ni moins, qu’elle vient tout juste d’en créer un.
Depuis que je me suis enfin décidé à passer le cap, à mettre mes écrits en ligne, elle me soutient toujours.
Tous ceux qui nous connaissent depuis l’enfance, savent comment nous sommes. Ils connaissent notre force et nos faiblesses. Ils savent et acceptent ce que nous sommes, même s’ils ne le comprennent pas toujours.
Internet, c’est du virtuel. Mais parfois pour se retrouver, c’est du réel.
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Cake aux olives
Ingrédients: 250gr. de farine, 4 oeufs, huile d’olive, 1/2dl. de vin blanc sec, 1 petit verre de vermouth, 150gr. d’olives vertes dénoyautées, 200gr. de jambon, 150gr. de gruyère râpé, 1 sachet de levure, sel, poivre.
Faire préchauffer le four th.5. Mélanger la farine avec les oeufs. Ajouter l’huile, le vin, puis les olives, le jambon coupé en dés, le fromage râpé et la levure. Saler, poivrer. Faire cuire dans un moule à cake pendant 50 minutes.
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Des collègues de travail avaient donné cette recette à Nadège. Mais, pour mon amie, ce n’était pas de la cuisine. Le jugement tombait brutalement: trop rapide et pas assez goûteux. Moi, j’aimais bien. D’ailleurs, c‘est une recette que j‘utilise toujours.
Les années se sont écoulées. Les hommes ont défilés. Puis, vint le jour de l’apparition du deuxième mari. Le sien, elle l’avait trouvé dans un train. Comme toujours, c’est quand on est pas prêt, que ce genre de truc nous tombe sur le coin de la figure. Pas coiffée, pas maquillée ou si mal, fagotée comme l‘as de pique bref, la totale... Lorsque les couples se forment, les amitiés subissent souvent des transformations, des mutations. Son homme, était un futur avocat. Nous ne chassions toujours pas dans la même cour. Mais non, il n’était plus là question de chasse. Dans son cas, c’était un coup de foudre. Le mien est venu beaucoup plus tard, après le deuxième mari...
Elle m’avait dit:”Retrouvons-nous sur Paris, le temps d’un repas, ça serait sympa”. Après dix ans d’absence, cela pouvait paraître curieux. En fait, après dix ans d’absence, cela me paraissait curieux. Que pourrions-nous bien nous raconter ? Que pourrait-elle me dire, elle qui avait refusé de me présenter son mari ? De quoi avait-elle peur à ce moment là ? Je n’avais jamais été une concurrente pour elle. Pourquoi ce rejet brutal et violent ? L’excuse du temps qui lui manquait, qui leur manquait. Je ne sais pas. C’est le prétexte qu’elle donnait, qu’elle me donnait. Au fond de moi, j’ai surtout senti qu’elle ne m’estimait pas digne de lui être présenté. Complexe d’infériorité, quand tu réapparais... Nous ne chassions pas tout à fait dans la même cour, je l’ai déjà dit...
Nous avons quitté en même temps la région Parisienne. Nous sommes devenus des provinciales. Les années se sont écoulées. Nous avons continué à nous appeler, chacune à l’autre bout de la France. Les naissances, les permis de conduire nous ont rapproché. Oui, nous avons passé nos permis très tardivement. Elle, pour enfin se déplacer librement. Moi, pour me libérer de mon deuxième mari et, demander le divorce. Vivre à la campagne sans véhicule, ce n’est pas possible. Et évidemment, toujours sans se concerter. C’est fou ces choix de vie parallèles !
La dernière en date, il y a quelques mois. Je lui annonce au téléphone que j’envisage de créer un blog. Et là, crac, elle me sort, ni plus ni moins, qu’elle vient tout juste d’en créer un.
Depuis que je me suis enfin décidé à passer le cap, à mettre mes écrits en ligne, elle me soutient toujours.
Tous ceux qui nous connaissent depuis l’enfance, savent comment nous sommes. Ils connaissent notre force et nos faiblesses. Ils savent et acceptent ce que nous sommes, même s’ils ne le comprennent pas toujours.
Internet, c’est du virtuel. Mais parfois pour se retrouver, c’est du réel.
par Claire Ogie
publié dans :
Retrouvailles
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Nadège essayait bien par tous les moyens de me convaincre du bien fondé de la vie avec un père à domicile, je lui répondais inlassablement que face aux raclées qu’elle recevait dès qu’elle faisait un pas de travers, j’étais bien heureuse d’échapper à ce genre de traitement. Il faut dire que j’avais déjà bien assez à faire avec le martinet de ma mère, pas besoin de la poigne d’un père par dessus le marché.
passant par Lio, l'orchestre du Splendid, Charles Trenet, Kate Bush, Mozart, Scorpion, Bernard Lavilliers, Santana, les Platters, Wagner, etc... Nous chantions avec le même entrain: "Les brunes comptent pas pour des prunes", "Ca plane pour moi", "Imagine", "We are the champions", "Laisse béton", "Débit de l'eau, débit de lait", "Macao", "Only you", "Ti amo" et, dans nos grandes envolées lyriques, nous n'hésitions pas à entonner les retrouvailles de Papageno et Papagena dans la flûte enchantée... 