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"Tu enseignes le mieux ce que tu as le plus besoin d'apprendre." Richard Bach.




Echange dépendance solitaire contre amour autonome.
(Extrait de
Parcours d'autonomie (lien article))




Dès 1954, Hannah Arendt estime l'autorité condamnée dans les démocraties modernes, où les citoyens sont égaux.

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Mardi 22 avril 2008

Alors, bonne âme, Marielle se laissa aller sur son siège de cuir, posa ses courtes lunettes de vue sur la pile de dossiers en instance de traitement et observa, amusée, son amie. Elle se mit à sourire aux anges. Elle acquiesça.

- Oui, tu ne t’es pas trompée. Effectivement, j’ai rencontré Jésus, comme tu dis….  Enfin, je dis, l’homme qu’il a dû être pendant ses 33 ans de vie sur notre Terre.

- Jésus ? Nom de nom!

 - Oui, mais rassure-toi. Jésus, ou Pierre, ou Paul, peu importe. Tout ceci n’a pas d’importance, vois-tu.

L’autre restait sans voix ; la bouche entr’ouverte. Si elle s’était attendue à ces déclarations ! Marielle se moquait, sans doute.

- … comme un miracle, oui, c’est cela, comme un miracle. Ca doit être ça, un miracle. Oui, après tout, pourquoi pas.

- Mais enfin, Marielle, que chantes-tu là. Je ne comprends rien à ce que tu racontes ! Explique à la fin.

- C’était un prêtre, dit-elle d’un seul coup. L’homme que j’ai aimé dès la première seconde était un prêtre.

- Mon Dieu…

Elle attendit encore un très long moment. Elle soupirait ; semblait réfléchir pour elle même ; peser le pour et le contre de ce qu’elle allait dire.

- Comme tu dis ! Nous sommes restés enlacés toute la journée. Nous n’avons pas fait l’amour mais… mais c’était mille, dix mille fois mieux. Nos bouches sont restées collées et… et puis il m’a parlé, nous avons parlé, longuement, tout le temps… de lui... de moi… de la Vie.

 

La collègue en restait saisie d’étonnement ; d’émotion. Elle ne pouvait décemment pas croire ce que cette femme lui disait. Et pourtant, déjà, elle buvait les paroles de celle qui revenait transfigurée. Il était évident que, effectivement, « quelque chose » s’était produit là-bas et qu’elle venait d’en être sans doute le premier témoin vivant. Mais quoi ? Personne - ni même Marielle elle-même - n’aurait pu dire de quoi il s’agissait précisément.

Peut être allait-elle perdre son amie.

Elle ne savait.

L’émotion la gagnait...

 

 

Lien avec Retraite spirituelle (1)

et Retraite spirituelle (9)

par Claire Ogie & Yann Sayr publié dans : Ecriture en duo : Retraite spirituelle communauté : L'écriture dans tous ses états
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Lundi 21 avril 2008

Marielle s’était approchée de Pierre et avait posé ses mains sur les épaules de l’homme. Il était plus grand qu’elle ; elle se haussa sur la pointe des pieds et prit tout simplement possession de ses lèvres tout en se frottant contre lui, en se hissant jusqu’à sa bouche ; elle en prit possession en guise de réponse, c’était la seule réponse qu’elle accepterait. Plus besoin de palabrer pendant des heures, la langue s’exprimait à merveille sans qu’aucun son ne sorte de leur gorge, ou si, juste un doux ronronnement à peine audible. Une langue, sa langue à lui qui bougeait doucement tout en enveloppant la sienne, celle de Marielle, dans un soyeux cocon fait d’humidité ruisselante et de chaleur, une grande vague à la fois douce et profonde qui faisait dériver son âme et emportait son corps en même temps, qui la pénétrait. Retraite spirituelle. Elle y était. Elle se laissait submerger par l’appel, plus rien n’avait de sens hormis cet homme qui se décidait enfin à la prendre dans ses bras et lui faisait si bien sentir son désir, leur désir à tous deux…

Les heures qui suivirent furent indescriptibles. D’abord, elle ne s’en souvenait guère ; ne restait de tous ces moments qu’un immense et magnifique sentiment de plénitude.

 

Marielle avait retrouvé sa famille, ses enfants, sa mère, son travail, sa collègue qui la dévorait des yeux ; attendant que l’autre veuille bien lui révéler le secret qui crevait la surface de sa peau comme des bulles bienheureuses qui chercheraient à s’échapper coûte que coûte.

Bien sûr, que « quelque chose » s’était passé, là bas, dans son couvent. « On » ne la lui ferait pas, à elle, la copine attentive à tous ces détails infimes. « Entre femmes ! »  « Y’a qu’à la regarder pour comprendre ! »

- Nom d’une pipe, finit par dire celle qui ne tenait plus en place, raconte-moi enfin ce que tu as fait pendant ces deux jours, tu n’es plus la même. Je le vois bien, va ! Inutile de faire semblant.

Marielle continuait à tapoter sur son clavier d’ordinateur sans prêter attention aux propos de l’amie. L’autre bouillait.

- Allez, dis-moi. Tu as rencontré un gars ? Jésus ? Tu as la Vocation ? Non, j’y crois pas ! pas toi ! Allez, t’attend quoi ! Raconte.

 

 

Lien avec Retraite spirituelle (10 et fin)

Retraite spirituelle (8)

par Claire Ogie & Yann Sayr publié dans : Ecriture en duo : Retraite spirituelle communauté : BALOURDISES
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Dimanche 20 avril 2008

Les heures s’étaient écoulées, Pierre l’avait finalement mise à l’aise malgré la curieuse situation dans laquelle ils se trouvaient, mais non, décidément, cela ne lui convenait pas non plus.

Toute l’après midi, Pierre lui avait vanté les qualités de cette région qu’il semblait parfaitement connaître. Il parlait bien, avec assurance, clairement. Elle aimait le ton de sa voix, mais pas son attitude. Elle appréciait sa présence mais pas la manière habile qu’il avait d’éviter tout contact direct avec sa peau - bien sûr c’est elle qui avait tout arrêté, c’était aussi elle qui avait tout provoqué - or c’est justement cette attitude étonnante qui amplifia le processus endormi en elle ; processus qui venait de se mettre brutalement en branle il y a quelques heures dès sa rencontre avec lui.

«Ne le voyait-il donc pas ? Ne sentait-il pas ce désir tendu sourdre par tous les orifices de son corps ? Etait-il aveugle, sourd à ses appels ? Etait-il stupide à la fin ?»

 

Evidemment ! Ce qu’elle venait chercher en ce lieu – jusqu’à présent, elle ne l’avait pas senti - c’était la liberté ; Sa Liberté ; Une Certaine Liberté ; en tout cas, une liberté vitale à la correcte expression de son corps en manque terrible d’appartenance. Qui était-elle ? Pour qui vivait-elle ? A qui appartenait-il, son corps ? N’avait-il pas, lui aussi, le droit de s’extérioriser comme la nature l’avait si bien conçu ? Elle avait besoin de faire la fête à son corps, à ses tripes, à son âme trop longtemps contenus.

A présent qu’elle venait de trouver l’environnement adéquat, son esprit se libérait peu à peu et elle devait admettre - même si cela provoquait une pagaille en elle ; même si cela la choquait ; elle devait admettre qu’elle avait besoin de sexe. « Ni plus ! Ni moins ! » Criait-elle intérieurement à l’homme qui refusait sa peau mais qui semblait ne plus vouloir la quitter. Mais qu’elle fable était-elle encore en train d’inventer !? C’était-elle qui s’était refusée à lui…

 

Pierre parlait beaucoup. Trop. Agacée, Marielle lui prit soudain le bras. Il sursauta, surpris de ce geste.

- Pierre, j’aime beaucoup votre présence à mes côtés, dit-elle à son oreille. J’aime tout de vous : votre nuque, votre torse, votre dos, votre voix, votre manière de vous exprimer, de me tenir compagnie…

Il alla parler mais à nouveau elle lui posa un doigt sur ses lèvres, de la même manière que lors de leur première rencontre.

- Chut ! Je m’y suis très mal prise tout à l’heure. Veuillez m’en excuser. Je suis si maladroite parfois… mais j’ai l’impression que vous et moi avons le même désir mais sans pouvoir agir, ou non, plutôt, sans oser agir. Qu’en pensez-vous ?

 

 

Lien avec Retraite spirituelle (9)

Retraite spirituelle (7)

par Claire Ogie & Yann Sayr publié dans : Ecriture en duo : Retraite spirituelle communauté : Etre pour les autres.
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Samedi 19 avril 2008

- Pierre… je peux vous appeler Pierre ?

- mais bien sûr… écoutez,  je…

Marielle lui posa un doigt sur sa bouche.

- s’il vous plait, ne parlez plus. Ce que j’ai envie, ce que je ressens est… comment dire… si inhabituel... si terrible pour moi, savez-vous. Qu’allez-vous penser de moi après ceci ?

L’homme eut l’intelligence de rester silencieux face à ce que ressentait la femme en face de lui et qui sautait aux yeux.

- Je veux...  j’ai décidé… enfin, je voudrais, de tout cœur, me donner à vous. Non, ne riez pas. C’est très sérieux. Je crois que vous en avez envie aussi, quant à moi… moi, j’en mourrais si vous me refusez. Le voulez-vous ? Répondez-moi très franchement. Pour moi, c’est vital.

Pierre prit la main de la femme et la porta doucement à ses lèvres. La réponse était claire.

Alors, elle se leva, se positionna face à lui et, sans le quitter des yeux, commença à se déshabiller.

Elle déboutonna lentement son chemisier puis dégrafa son soutien gorge sous les yeux de cet homme qui ne bougeait pas et qui l’a regardait intensément. C’est en prenant conscience de la force de ce regard d’homme sur elle qu’elle se retourna précipitamment tout en recouvrant sa poitrine de son vêtement. Elle et sa vilaine manie, elle et ses élans de plus en plus incontrôlables ! non mais vraiment !

- Pardon ! fit-elle dans un souffle, je suis désolée ! je ne sais pas ce qui m’a pris, je…je n’aurai jamais dû… je…je ne sais pas quoi vous dire, je suis stupide, vraiment…

- Non, non, ne vous excusez pas ! lui répondit Pierre en se levant et en lui recouvrant ses épaules tremblantes de sa veste. Puis, le temps qu’elle se calme un peu. Venez-vous asseoir près de moi, venez, venez là, ne craignez rien.

Il était souriant, un visage rassurant, pas moqueur, pas le mâle tout puissant prêt à dévorer sa proie. Elle s’approcha de lui, lentement, un peu hésitante, tout en resserrant les pans de sa veste autour d’elle.

- Savez-vous qu’aucune femme ne m’a jamais fait un tel cadeau ? Vous êtes très belle ainsi… vous rougissez…

- Arrêtez…je ne sais…

- N’ayez crainte, murmura-t-il en lui prenant doucement la main. Parlons un peu, voulez-vous ?

 

 

Lien avec Retraite spirituelle (8)

Retraite spirituelle (6)

par Claire Ogie & Yann Sayr publié dans : Ecriture en duo : Retraite spirituelle communauté : BALOURDISES
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Vendredi 18 avril 2008

C’est en sortant de sa chambre, qu’elle croisa à nouveau cet homme, Pierre Dancan. Tiens, elle se souvenait de son nom… A sa vue il se dirigea vers elle la mine inquiète.

- Vous vous sentez bien ? lui demanda-t-il aussitôt. Vous semblez si pâle. Avez-vous mangé ?

A son approche, Marielle sentit sa tête tourner et s’appuya contre le chambranle de la porte avant qu’il ne vienne la soutenir à temps.

- Non, répondit-elle dans un souffle, je n’ai pas vue l’heure passer, c’est vrai, j’ai très faim…

- Ne bougez pas d’ici, lui répondit-il en la reconduisant dans sa chambre, je vais vous chercher de quoi vous remettre sur pieds.

Depuis combien de temps plus personne ne s’était ainsi occupé d’elle ?

Elle patienta un petit quart d’heure qui lui parut une éternité puis reconnut son pas dans le couloir. Elle était heureuse de son initiative. Elle était sensible à ce geste : « lui amener de quoi manger ? mais c’était toujours elle qui préparait à manger aux autres. Toujours ! Jamais « ON » ne lui amenait quelque chose ! »

A partir de cette réflexion, incroyablement nouvelle pour elle, ce fut une perception inattendue qui s’accrocha à elle : il lui semblait qu’une autre femme était en train, progressivement, de se calquer sur elle ; comme une seconde peau, étrangère mais à la fois si proche, qui l’effrayait et l’attirait tour à tour ; une seconde peau, enfin, qui surgissait du plus obscur de son corps et qui venait l’envelopper aussi sûrement qu’une mue printanière viendrait renouveler son apparence. « Cela ne pouvait être elle ! » Du plus loin que sa mémoire le lui permettait, elle ne se souvenait pas d’un tel émoi.

Pierre la trouva assise sur le bord du lit. Son visage s’illumina d’un beau sourire tandis qu’il s’approchait d’elle les bras chargé d’un plateau.

- Tenez. C’est tout ce que les sœurs ont bien voulu me donner.

- Mais c’est énorme ! s’écria-t-elle en apercevant la quantité de victuailles entassées.

- Alors, allez-y de bon cœur, fit-il en riant, c’est cadeau.

Ils mangèrent une ou deux tranches de jambon, burent un verre de vin mais s’aperçurent vite que le cœur n’y était pas. Une autre faim les tenaillait au ventre; celle-là bien plus tenace, bien plus opiniâtre et ne trouvant pas d’autres solutions que dans l’accomplissement d’un acte qu’ils ne souhaitaient par forcément.

Et contre toute attente, toute logique, presque contre sa volonté, c’est elle la première qui fit la démarche.

 

 

Lien avec Retraite spirituelle (7)

Retraite spirituelle (5)

par Claire Ogie & Yann Sayr publié dans : Ecriture en duo : Retraite spirituelle communauté : Etre pour les autres.
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