Jeudi 7 août 2008
Je l'ai rencontré toute petite, près du pont qui enjambe l'oued Harrath, une nuit silencieuse et sans étoiles. Je venais à peine de m'y engager
lorsqu'une main m'a aggrippé l'épaule. L'obscurité était épaisse et l'oued exhalait ses vapeurs, coulée d'eau chaude dans un paysage minéral et glacé. Même les pierres semblaient avoir cessé de
respirer. Je me suis dit : <<Voilà, ça y est. Tu vas enfin voir le grand Efrit aux pieds fourchus. Il va boire ton âme et te jeter dans l'oued. Ta mère ne criera plus ton nom et ne verra plus
jamais ton corps.>> Mais la main m'a lâché l'épaule, m'a caressé la gorge avant de me presser tendrement les seins. Mes "fèves", comme on appelle à Imchouk les seins naissants, n'ont pas dû
la satisfaire car elle me tripota un instant les fesses avant de claquer l'élastique de ma culotte de gamine. Elle s'est ensuite plaquée à mon sexe, glabre et fermé.
Des doigts fiévreux se sont promenés dans le sillon du milieu et leur toucher était plutôt amical. J'ai fermé les yeux, confiante et consentante. Un doigt s'est détaché et s'est hasardé en un point inconnu. J'ai senti une légère brûlure mais, au lieu de serrer les cuisses je les ai plutôt écartées. J'ai cru entendre l'oued soupirer puis éclater de rire.
La main s'est ensuite retirée et je me suis affaissée sur l'herbe vitrifiée. le ciel a recommencé à scintiller et les grenouilles ont repris leur concert. Un deuxième coeur m'était né entre les jambes et il battait, après cent ans d'hébétitude.
Passage du livre de Nedjma "L'amande ".
Des doigts fiévreux se sont promenés dans le sillon du milieu et leur toucher était plutôt amical. J'ai fermé les yeux, confiante et consentante. Un doigt s'est détaché et s'est hasardé en un point inconnu. J'ai senti une légère brûlure mais, au lieu de serrer les cuisses je les ai plutôt écartées. J'ai cru entendre l'oued soupirer puis éclater de rire.
La main s'est ensuite retirée et je me suis affaissée sur l'herbe vitrifiée. le ciel a recommencé à scintiller et les grenouilles ont repris leur concert. Un deuxième coeur m'était né entre les jambes et il battait, après cent ans d'hébétitude.
Passage du livre de Nedjma "L'amande ".
par Claire Ogie
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