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"Tu enseignes le mieux ce que tu as le plus besoin d'apprendre." Richard Bach.




Echange dépendance solitaire contre amour autonome.
(Extrait de
Parcours d'autonomie (lien article))




Dès 1954, Hannah Arendt estime l'autorité condamnée dans les démocraties modernes, où les citoyens sont égaux.

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Jeudi 7 août 2008
Je l'ai rencontré toute petite, près du pont qui enjambe l'oued Harrath, une nuit silencieuse et sans étoiles. Je venais à peine de m'y engager lorsqu'une main m'a aggrippé l'épaule. L'obscurité était épaisse et l'oued exhalait ses vapeurs, coulée d'eau chaude dans un paysage minéral et glacé. Même les pierres semblaient avoir cessé de respirer. Je me suis dit : <<Voilà, ça y est. Tu vas enfin voir le grand Efrit aux pieds fourchus. Il va boire ton âme et te jeter dans l'oued. Ta mère ne criera plus ton nom et ne verra plus jamais ton corps.>> Mais la main m'a lâché l'épaule, m'a caressé la gorge avant de me presser tendrement les seins. Mes "fèves", comme on appelle à Imchouk les seins naissants, n'ont pas dû la satisfaire car elle me tripota un instant les fesses avant de claquer l'élastique de ma culotte de gamine. Elle s'est ensuite plaquée à mon sexe, glabre et fermé.
Des doigts fiévreux se sont promenés dans le sillon du milieu et leur toucher était plutôt amical. J'ai fermé les yeux, confiante et consentante. Un doigt s'est détaché et s'est hasardé en un point inconnu. J'ai senti une légère brûlure mais, au lieu de serrer les cuisses je les ai plutôt écartées. J'ai cru entendre l'oued soupirer puis éclater de rire.
La main s'est ensuite retirée et je me suis affaissée sur l'herbe vitrifiée. le ciel a recommencé à scintiller et les grenouilles ont repris leur concert. Un deuxième coeur m'était né entre les jambes et il battait, après cent ans d'hébétitude.

Passage du livre de Nedjma "L'amande ".
par Claire Ogie publié dans : Petits mots, petites phrases des autres... communauté : Etre pour les autres.
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Jeudi 31 juillet 2008
Un courrier de lecteur du journal télérama, un courrier assez croustillant dans son genre :

Mais qui a eu l'idée de jouer la Marche pour la cérémonie des Turcs (Le Bourgeois gentilhomme) en clôture du défilé du 14 juillet ? Cette référence à la célèbre mascarade de Molière et de Lully, qui se moquent des Ottomans et de leur religion, fut-elle du goût des hôtes présidentiels venus du sud de la Méditerranée ? Servait-elle à compléter l'image de Méditerranée d'opérette donnée en ouverture, celle de Vinci et Lopez ? Si c'est une idée de la Grande Muette pour signifier son mécontentement, je félicite son surintendant à la musique. Résumons ce que nous semble dire ces choix musicaux : l'UMP est une mascarade d'Union pour une Méditerranée d'opérette, les chefs d'Etat arabes sont renvoyés à l'état d'ex de l'Empire ottoman, grotesques, et notre président est Louis XIV et M. Jourdain réunis. Pour le défilé de 2009, je suggère que l'on joue l'air du Jeu de l'oie tiré de l'opéra-bouffe La Belle Hélène de cet impertinent d'Offenbach :

Revoici le roi des rois
Précédé d'un jeu de l'oie
Dont il va suivre les lois
En s'y livrant avec joie.



Lien avec
Sarkolonisation
par Claire Ogie publié dans : Petits mots, petites phrases des autres... communauté : BALOURDISES
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Jeudi 24 juillet 2008
Autruche : "Seul animal doué de sens politique."
Botte :
"Souvent secrète au singulier; au pluriel, on n'en fait plus guère mais on ne les en lèche pas moins"
Bout de la langue: "Sert à mettre les mots que l'on ne trouve pas"
Chauffards: "Nom des automobilistes qui vous doublent"
Dans les discours, les grands sujets sont le contraire des femmes: moins on les serre de près, mieux on les embrasse.
Garages: "Etablissements devant lesquels l'automobiliste passe quand il roule et loin desquels il se trouve lorsqu'il est en panne"
La France est le seul pays du monde où, si vous ajoutez dix citoyens à dix autres, vous ne faites pas une addition, mais vingt divisions.
La France? Une nation de bourgeois qui se défendent de l'être en attaquant les autres parce qu'ils le sont.
Les gens ne connaissent pas leur bonheur, mais celui des autres ne leur échappe pas.
Nous étions au bord de l'abîme, mais depuis, nous avons fait un grand pas en avant.
On notera qu'en politique comme ailleurs, on ne dit "la confiance règne" que si elle ne règne pas.
Préservatif: accessoire de l'amour masqué.


Pierre Daninos.


par Claire Ogie publié dans : Petits mots, petites phrases des autres... communauté : Autour des citations
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Mardi 24 juin 2008
Un petit partage de ma lecture du moment : "Mai 68 l'héritage" hors série de télérama. Un passage que je trouve particulièrement marquant quand on voit où nous en sommes aujourd'hui, que ce soit au niveau de l'université ou du lycée, et de notre fameux bac...

"Vincennes", qui n'a été ouverte effectivement à l'enseignement qu'à partir de janvier 1969, était établie dans le bois de Vincennes, dans un ensemble de petits bâtiments élégants de deux étages souplements reliés entre eux, qui avaient été construits entre juillet et octobre sur un terrain appartenant à la municipalité de Paris et prêté pour dix ans. (...)
Vincennes n'était pas une utopie, mais la tentative en partie réussie de donner une traduction effective à quelques-unes des  idées exigeantes qui s'étaient exprimées durant le fameux mois, particulièrement à la Sorbonne, dans les assemblées permanentes qui s'y tinrent dans chaque amphi, chaque salle, chaque jour. (...)
Vincennes était peuplée d'enseignants et d'étudiants qui s'étaient engagés dans le mouvement de Mai et avaient en projet une rénovation radicale de l'Université française. Trois directions dominaient. Libertaire d'abord, avec une idéologie anti hiérarchique et anti autoritaire s'appliquant à l'ensemble de la vie universitaire. Egalitaire ensuite, avec l'accès à l'université ouvert à ceux qui n'étaient pas "héritiers", y compris les non-bacheliers, ainsi qu'aux salariés et aux mères de jeunes enfants*, dont les conditions de vie ne s'accordaient pas jusque là avec l'organisation des études. (...)
A Vincennes, étudiants comme enseignants étaient animés d'une formidable libido sciendi, l'ennemi par excellence de l'ennui académique. (...)
A la Sorbonne, les professeurs donnaient leurs trois heures de cours hebdomadaires puis disparaissaient. A Vincennes, les premières années, tous étaient présents tous les jours, même et surtout les jours de grève... Les enseignants de tous statuts assuraient le même nombre et tous les types de cours, de 9 heures à 23 heures du lundi au samedi. Parmi les revendications étudiantes de 68 figuraient au premier plan la fin du cours magistral en amphithéâtre, la modification des modes de validation (examens) par l'instauration du contrôle continu, et la modernisation des formes et contenus de l'enseignement. (...)
A l'été 1980, le premier maire de Paris, Jacques Chirac, faisait raser les bâtiments. l'expérience prenait fin. Transférée à Saint-Denis, l'université Paris-VIII conserva, et conserve toujours, quelques traits originaux marquants, mais les temps avaient changé, les enseignants aussi, et plus encore les étudiants qui se mirent à la fréquenter.


* Une crèche était installée sur place, au-dessus du porche-passage, pour les enfants des étudiants, des professeurs et des autres personnels
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par Claire Ogie publié dans : Petits mots, petites phrases des autres... communauté : Vive le désordre !
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Jeudi 29 mai 2008
"Bien que je ne sois pas mélomane, le piano est un instrument qui peut facilement me tirer des larmes, par exemple si je me cogne dedans les pieds nus."

"Bien des crimes passionnels le prouvent : si l'amour rend aveugle, la jalousie, elle, n'empêche pas de bien viser."

"La vie est la seule chose que tu doives gagner après qu'on te l'a donnée."

"La modération c'est bien, mais il ne faut pas en abuser."

"Je n'aimerai pas être pauvre, même pour tout l'or du monde ; en revanche je paierais cher pour être riche."

"Parce que le premier salon des incompétents s'est déroulé sans incidents, son organisateur a été destitué."

"Enfant j'étais du genre surdoué, mais en beaucoup plus con."


par Claire Ogie publié dans : Petits mots, petites phrases des autres... communauté : BALOURDISES
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